La CGT TEFP, ayant pris connaissance de la mise en examen de Sophie Binet, suite à une plainte en diffamation déposée par le groupe TEFAL, tient à lui marquer son soutien plein et entier dans le cadre de cette mise en cause qui pose bien entendu la question de la liberté d’expression syndicale que ses détracteurs ont, plus que jamais, dans le collimateur. La diffamation et son régime judiciaire particulier sont l’une des armes favorites des agresseurs et autres pourfendeurs des droits des travailleur.ses, pensant ainsi nous faire taire ou nous épuiser dans des procédures coûteuses et chronophages. C’est précisément ce que l’on appelle une procédure-bâillon. Elle ne vise pas à obtenir réparation d’un préjudice réel. Elle vise à épuiser, à intimider, à faire taire. Et cela peut malheureusement parfois fonctionner, mais certainement pas quand on vise la CGT !
Tefal ose donc s’attaquer à la Secrétaire Générale de la CGT parce qu’elle aurait pointé ses pratiques en matière de répression anti-syndicale, dans le cadre d’un rassemblement militant. Tefal choisit donc d’attaquer, plutôt que de se défendre, puisqu’il s’agit manifestement d’une mission impossible. Mais Tefal n’en est pas à son coup d’essai. Notre organisation syndicale garde un souvenir très vif de « l’affaire Tefal » et du feuilleton judiciaire qui a suivi. En 2013, la direction de l’entreprise Tefal avait tenté de faire pression sur la hiérarchie de l’Inspection du travail pour écarter une Inspectrice du travail jugée trop gênante, notamment parce qu’elle avait qualifié d’illégal un accord d’aménagement du temps de travail. Cette tentative était prouvée par des documents internes à l’entreprise, transmis par un salarié de l’entreprise. Face à une potentielle tempête, qu’a fait l’entreprise Tefal ? Elle a attaqué son salarié et notre collègue pour recel de violation du secret des correspondances et violation du secret professionnel. Elle a trainé notre collègue dans la boue et a utilisé toutes les procédures possibles pour compliquer le dossier et créer un contre-feu, bien aidée en cela par le Procureur de la République d’Annecy de l’époque qui était allé jusqu’à déclarer que, selon lui, les agent.es de l’Inspection du travail ne devraient pas avoir le droit de… se syndiquer !
Notre collègue, lanceuse d’alerte avant l’heure, n’a commis aucune faute personnelle et c’est bien ce qu’a rappelé la Cour de Cassation dans sa dernière décision, celle du 22 novembre 2022. Il en va autrement pour Tefal : le Conseil national de l’inspection du travail (CNIT) avait clairement établi, après enquête, que cette entreprise avait fait subir des pressions indues à notre collègue. Mais Tefal n’a jamais eu à rendre des comptes…
La CGT TEFP n’est donc pas surprise de voir, qu’une fois encore, TEFAL franchit une ligne rouge. La raison n’en est pas plus étonnante : la CGT appuie où ça fait très mal pour les profits de l’entreprise, prête à sacrifier notre santé en utilisant, en toute connaissance de cause depuis des années, des PFAS, ces polluants dits « éternels », en raison de leur persistance extrême dans les organismes et dans l’environnement, associés par de nombreuses études scientifiques à différentes pathologies.
La voix de la CGT qui s’élève contre la répression patronale et pour la protection de la santé doit être entendue, certainement pas bâillonnée ! Honte à TEFAL ! Soutien à Sophie Binet !