Pour un INTEFP fort au service des agent.es du Ministère !

Une « mission » IGAS vise actuellement l’INTEFP et il est peu de dire qu’elle ne semble rien augurer de bon ! La lettre de mission datée du 05 septembre 2025 adressée par la Ministre du travail de l’époque Catherine VAUTRIN est pour le moins explicite : « nous souhaitons que (…) vous proposiez des scénarios permettant dans un contexte de fortes tensions budgétaires, d’ajuster au plus près la subvention de service public (…) dans cette perspective, vous examinerez tout particulièrement la politique immobilière (…) ». Les deux inspecteurs missionnés se sont donc déplacés sur une seule journée au siège de l’INTEFP, à Marcy-l’Etoile ; ils ne prévoyaient que de rencontrer la direction et quelques responsables de projets. Il aura fallu que les représentant.es du personnel le réclament pour être entendu.es !

Le contenu des échanges confirme l’objectif réel poursuivi par l’administration : l’obsession de l’IGAS, dans une logique purement comptable et technocratique, concerne le taux d’occupation des locaux de formation (Marcy l’Etoile et CIF) ainsi que celui des hébergements du site de Marcy-l’Étoile, présentés comme insuffisants.

Après la fermeture du centre de formation de Lille en 2023, la menace semble évidente : de nouvelles fermetures de sites de formation sont à craindre ! C’est inacceptable.

Le sabordage de l’INTEFP est organisé par le ministère et les raisons de la « sous-occupation » alléguée sont évidentes : la formation continue, pourtant essentielle pour tou.tes les agent.es du Ministère, est sacrifiée depuis plusieurs années !

L’INTEFP est victime de l’austérité budgétaire et au bord de l’asphyxie financière, obérant sa capacité de produire des actions de formation pour l’ensemble des agent.es. Le budget de la formation continue a tout simplement été divisé par deux entre 2024 et 2026 !

Parallèlement, et nous le dénonçons chaque année en comité social d’administration ministériel, l’offre de formation ministérielle se concentre essentiellement sur l’encadrement au détriment des formations métiers. Le plan de formation 2026 s’inscrit d’ailleurs dans la continuité des plans précédents et prévoit toujours autant de formations pour les encadrant.es – on finit par s’interroger sérieusement sur leurs compétences puisqu’il faut toujours qu’il.elles soient formé.es ! Les formations « métiers » occupent une partie toujours plus réduite du plan et suivent avant tout les orientations de la DGT dont l’objectif n’est pas d’augmenter les compétences des agent.es, mais d’accompagner le PNA.

Les formations « en distanciel » et les modules d’auto-formation où les agent.es sont seul.es, face à leur écran et sans pouvoir poser de questions, se multiplient et deviennent la norme, ce qui est problématique, a fortiori pour les formations où ces modalités devraient être exclues. Si nous ne nions pas que les déplacements et la durée liés aux formations peuvent constituer des freins à leur accès, le tout distanciel n’est pas la solution ! Au contraire, il faut ouvrir des lieux de formation sur tout le territoire pour faciliter l’accès à des formations de qualité, en face à face.

Enfin et non des moindres, les effectifs des services du ministère diminuent, les agent.es sont de moins en moins remplacé.es, les charges de travail augmentent, les autorisations de déplacement sont restreintes. Dans ce contexte, les agent.es du ministère sont amené.es à reporter ou renoncer à leur projet de formation.

Comment remplir des salles de formation lorsque les agent.es n’ont plus le temps de partir en formation ? Comment remplir des hébergements lorsque les déplacements deviennent l’exception ? Comment peut-on s’étonner de la baisse de fréquentation des formations présentielles lorsque, depuis des années, l’État demande aux services publics de faire toujours plus avec toujours moins !

La spirale est bien connue et devient grossière: On diminue les moyens, cela se répercute par une baisse de la fréquentation et cette baisse de fréquentation justifie une nouvelle baisse des moyens…Ce sont les politiques conduites depuis des années qui ont organisé la dégradation de la formation continue !

La formation initiale et continue des agent.es du ministère, ainsi que toutes les actions de formation dispensées par l’INTEFP pour d’autres publics ne peuvent se résumer à des tableaux Excel et des lectures de taux d’occupation.

La recherche d’économies ne peut pas être une stratégie qui prépare l’avenir, alors que les agent.es doivent pouvoir se former pour assurer leurs missions de service public.

La CGT exige :

  • Des moyens humains et matériels suffisants pour répondre aux besoins de formation de tou.tes les agent.es du Ministère du Travail et de l’Emploi, ce qui nécessite une augmentation conséquente du budget de l’INTEFP
  • Le maintien et la réouverture des sites de formation sur tout le territoire, en renforçant leurs missions d’outils de formation de proximité
  • Une visibilité budgétaire à moyen terme permettant aux équipes de l’INTEFP de travailler dans une ambiance plus sereine
  • La réintégration des organisations syndicales du Ministère au sein du conseil d’administration de l’INTEFP ; non à la présence des « personnalités extérieures qualifiées » représentants des DRH de structures privées et/ou des intérêts patronaux 

Lucas