Pas de pot de bienvenue pour les ministres du travail et de l’économie!

La mobilisation continue pour un budget à la hauteur des besoins du service public

Le 27 novembre 2025, pas moins de 2 ministres étaient attendus pour inaugurer les nouveaux locaux de la Direction Régionale Interdépartementale de l’Economie de l’Emploi du Travail et des Solidarités d’Ile-de-France à Saint-Denis (93).

Le rendez-vous avait même été avancé car Monsieur Farandou avait finalement repoussé le CSA ministériel qu’il devait présider le matin. Ce CSA, déjà repoussé deux fois, devait être conjoint entre le secteur Travail Emploi et le secteur Santé et devait porter sur les budgets respectifs des 2 ministères, sujet que nous aurions bien aimé traiter avant que les discussions budgétaires ne soient closes ainsi que, en présence de la ministre concernée, de l’annonce gouvernementale de démantèlement des ARS.

Finalement le premier contact de Monsieur Farandou avec les agents du ministère du travail n’aura pas eu lieu dans une instance ministérielle mais à la DRIEETS. Nous espérons que l’expérience n’aura pas été trop désagréable mais vu la tête de ministre du travail, on peut en douter. Plutôt que de répondre à une proposition de dernière minute de rencontrer le cabinet du ministre avant l’inauguration, l’intersyndicale CGT-SUD-FSU a préféré procéder à une interpellation publique en bonne et due forme des 2 ministres puisque Monsieur Lescure, Ministre de l’Economie était aussi de la partie.

Les 2 ministres se sont montrés plutôt agressifs face aux questions posées sur les dégradations des conditions de travail des agent.es et le budget d’austérité promis aux services publics. Bien que ne disposant pas de majorité à l’Assemblée nationale, ils s’estiment tout à fait légitimes à poursuivre une politique désavouée dans les urnes. Ils n’ont pas aimé non plus qu’on leur rappelle la précarité du gouvernement Lecornu 2.

Au cours de ce bref échange, M. Farandou a confirmé que tutoyer le patron du Medef ne posait aucun problème. Nous avons rappelé ses déclarations à France Info le 19 novembre à destination du président du MEDEF pour l’inviter à la Conférence sur le travail et les retraites : « Il veut parler du modèle productif en France, je lui dis « banco », je lui dis « chiche », je n’écarte aucun sujet. (…) « Tu es le bienvenu, ton siège t’attend, il est bien placé tu auras toute la place que tu souhaites. » Cette connivence avec le patronat est contraire à tous les principes du service public, mais celui qui a conduit la mise en concurrence de la SNCF n’en a sans doute cure.

Bref, nous avons des ministres un peu susceptibles et pas très ouverts (sauf avec le MEDEF).

Le lendemain, le Directeur régional revenait sur cette journée épique et formulait des regrets en forme d’accusation, notamment : « Je déplore toutefois, avec l’ensemble de la direction de la DRIEETS, les interpellations qui se sont produites sans aucune forme de respect ni volonté réelle de dialogue. »

Le nouveau DRIEETS d’Île-de-France considère que la première mobilisation de l’intersyndicale CGT – FSU – SUD – SOLIDAIRES sur le site de Saint-Denis, cette action joyeuse et déterminée, détériorerait l’image des 400 agent·es de l’Unité régionale, voire des 1 000 agent·es de la DRIEETS…

L’intersyndicale a fermement condamné la manœuvre qui consiste à opposer les agent·es à leurs organisations syndicales, à appeler à l’union sacrée avec la direction et à faire oublier les revendications que nous portons en défense des intérêts de nos collègues et du service public.

Ce sont en effet les agent·es qui subissent au quotidien les suppressions de postes, la dégradation des conditions de travail, dont l’emménagement dans le bâtiment Niemeyer et les futurs locaux de de l’UD 93 à Bobigny sont l’illustration, les revues permanentes de missions, la casse des droits des travailleur·euses, que les ministres décident et que nos directeur·ices mettent en œuvre, sans hésiter à fouler du pied certains principes comme l’indépendance de l’inspection du travail. Quoi de plus normal que des ministres aient à répondre à ces interpellations !

S’il faut déplorer quelque chose, c’est le zèle des directeurs locaux, vigiles improvisés, qui ont physiquement bloqué l’accès à la salle où les ministres ont discourus et répondu aux journalistes, n’hésitant pas à bousculer, toucher et intimider plusieurs manifestant.es. Les ministres sont ensuite partis sous les chants des collègues.

Ministres à Saint Denis