APPEL A MULTIPLIER LES RESISTANCES CONTRE LE RACISME ET CONTRE L’EXTREME DROITE, Y COMPRIS DANS LES SERVICES

Il  y a 30 ans, le 21 février 1995, Ibrahim ALI est tué par des colleurs d’affiches du FN à Marseille. Le 1er mai de la même année, Brahim BOUARRAM, 29 ans, est assassiné par des militants d’extrême droite issue du défilé du Front National, jeté dans la Seine depuis le pont du Carroussel.

Aujourd’hui, Aboubakar CISSE est assassiné dans le Gard parce qu’il se trouvait dans une mosquée et Hichem MIRAOUI est abattu à son domicile par son voisin dans le Var, voisin qui avait déclaré sa volonté de « dire stop aux islamiques » et de faire « un petit carton déjà rien qu’en sortant de chez [eux], tous les sans papiers ».

Tous sont  victimes de  crimes racistes voire islamophobes,  symptomatiques d’une haine entretenue par des discours et une idéologie de stigmatisation et d’exclusion, portée par le Rassemblement National, Reconquête et d’autres, de plus en plus prégnants dans les sphères du pouvoir et médiatiques et qui incitent aux passages  à l’acte.

Par ailleurs, la droite LR se rapproche de plus en plus du Rassemblement national, en témoigne le nouveau parti d’Eric Ciotti et la rencontre récente entre Nicolas Sarkozy et Jordan Bardella, cela pouvant faire craindre leur renforcement dans les sphères de pouvoir.

Aujourd’hui, la présence, les démonstrations de force et les violences de l’extrême-droite dans la rue se banalisent sans qu’il y ait de réaction à la hauteur des pouvoirs publics. Les pouvoirs publics sont aussi auteurs de violences racistes, en témoigne le meurtre de Nahel le 27 juin 2023.  Les coups de couteau mis dans les pneumatiques d’un bateau de migrants par les gendarmes dans la Manche sont un exemple des violences permanentes contre les étrangers, notamment vulnérables.

Au même moment, la répression et la criminalisation du mouvement social ainsi que les atteintes à la liberté d’association et à la liberté d’expression ont pris un nouveau tournant avec l’annonce par le ministre de l’intérieur de la mise en œuvre de procédures de dissolution du collectif militant Urgence Palestine et  de l’organisation antifasciste la Jeune Garde.

Quelles que soient les différences de positon ou de stratégie d’intervention que nous pourrions avoir avec ces organisations, c’est bien le camp qui défend et se mobilise contre le racisme, pour l’égalité et la justice.

En tant qu’organisation syndicale, nous nous devons de lutter contre le racisme et contre l’imposture sociale de l’extrême-droite sur nos lieux de travail et partout ailleurs.

C’est aussi dans cette dynamique qu’a été envoyé un Recueil de pratiques professionnelles sur l’inspection du travail et les travailleureuses sans papiers le 2 juin 2025: il est inadmissible que les travailleureuses étrangers n’aient pas les mêmes droits que les autres. La loi Darmanin et la circulaire Retailleau commencent à faire effet dans les préfectures, le nombre de régularisations par le travail est au plus bas et les salariés se font licencier du fait de l’absence de renouvellements de leurs titres de séjour. Il faut mettre un terme à ces politiques discriminatoires qui participent du climat ambiant! Nous vous invitons à aller consulter ce guide sur notre site internet via ce lien.

C’est aussi dans cette optique que nous devons absolument résister contre les opérations CODAFs ciblées sur les kebabs et les bars à chicha  ou autres établissements visés pour l’appartenance supposée de ses salariés à des nationalités étrangères ou de leurs employeurs à des religions, résister aussi contre la participation des ITs aux CLIRs : personne ne peut nous obliger à participer à ces opérations ou actions collectives, nous vous renvoyons vers le recueil publié en intersyndical pour vous armer juridiquement sur ces sujets-là.

Nos hiérarchies se sont dernièrement honteusement illustrées :

  • ·Menaces de sanctions contre des agents qui dénoncent un risque d’instrumentalisation de l’inspection du travail dans une opération CODAF en Isère
  • ·Participation de RUCs à des CODAFs et même des CLIRs sans information des inspecteurices compétent.es et indication de la participation à des CODAFs dans les attendus de CREP à Toulouse
  • ·Demandes de la part de services MOE (ANEF) adressées à des ITs à Paris d’étayer des « décisions de refus » d’autorisation de travail etc…
  • ·Données du logiciel SUIT toujours automatiquement transférées aux services de main d’oeuvre étrangère, également pour étayer des décisions de refus.
  • ·Modèles de courrier visant nommément des salariés étrangers sans titres et incitant les employeurs à les licencier et donc tenue de listes de salariés sans autorisation de travail dans l’Eure

 Nous vous renvoyons encore vers le recueil intersyndical de pratiques pour vous armer juridiquement sur ces sujets-là également.

Nous appelons à la résistance et à l’unité des collègues pour défendre ces valeurs humanistes les plus élémentaires.

Les organisations syndicales sont un lieu d’engagement contre l’extrême droite dans les milieux professionnels, notamment via les nouveaux réseaux intersyndicaux VISA (Vigilances et Initiatives Syndicales Antifascistes).

N’hésitez pas à signer et faire signer les pétitions contre la dissolution d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde

https://urgence-palestine.com/petition/

https://stop-dissolution.fr/

https://framaforms.org/contre-le-genocide-pour-une-palestine-libre-non-a-la-dissolution-durgence-palestine-1746161697

 

2025 07 Appel resistance racisme et ED