Pour financer son économie de guerre[1], le gouvernement prépare 44 milliards d’euros de coupes dans les dépenses publiques et dans le budget de la Sécurité Sociale.
Alors que Bayrou préparait son plan d’austérité, pour la Cour des comptes, cela ne serait pas suffisant : elle conclut son dernier rapport annuel (juin 2025) en enjoignant le gouvernement à réaliser « des ajustements budgétaires très exigeants […] dès à présent nécessaires, et […] d’autant plus difficiles qu’ils doivent être socialement acceptables ».
Déjà, la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, avait détaillé le 25 juin les mesures pour couper immédiatement 1,7 milliard dans le budget de l’assurance maladie, dont des économies de 100 millions d’euros sur les indemnités journalières (limitation de la durée des arrêts maladie) et de 500 millions sur les médicaments (déremboursement).
Le projet de budget Bayrou s’inscrit dans la continuité des budgets macronistes en ne demandant aucun effort aux entreprises et aux plus riches. Cette facture, se seront les travailleur.ses, les retraité.es, les travailleur.ses privé.es d’emploi et les malades de la payer:
- suppression de deux jours fériés,
- coupes dans les effectifs de services publics,
- remise en cause du droit du travail,
- réforme de l’assurance chômage,
- gel des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires comme des contractuel·les,
- désindexation des pensions de retraites,
- doublement des franchises médicales,
- remise en cause de la 5ème semaine de congés payés.
A force d’organiser la moindre couverture des risques sociaux par la Sécurité sociale, c’est l’existence même de la Sécurité sociale qui est remise en cause quand finalement seuls les plus riches peuvent suppléer les carences organisées du système par leurs revenus personnels ou par des assurances privées.
En effet, la Sécurité sociale, distincte du budget de l’Etat, c’est la mise en commun d’une partie du salaire pour que “le bien-portant aide le malade, l’actif le retraité” : la cotisation, qui part du salaire, ouvre des droits et en particulier celui d’accéder aux soins autant que de besoins, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale.
Or Bayrou et de Montchalin (ministre des comptes publics) voudraient imposer la « TVA sociale », ce qui revient à fiscaliser la Sécurité sociale, en supprimant tout ou partie des cotisations patronales sur les salaires et en compensant le manque à gagner par une hausse de la TVA payée par les travailleur.ses. Et ce, alors que les exonérations de cotisations sociales pour les patron.nes s’élèvent à plus de 80 milliards d’euros pour la seule année 2024.
Rappelons que ces cotisations, qu’elles soient patronales ou salariales, constituent ce qu’on appelle le salaire différé : une partie du salaire n’est pas versée directement aux salarié.es, mais est versée sous forme de cotisations à la Sécurité sociale et redistribuée aux travailleur.ses sous forme de prestations (remboursement de soins, assurance chômage, pension de retraite, etc.).
C’est donc la double peine pour les travailleur.ses, qui seraient pénalisé.es par la remise en cause des droits découlant inévitablement de la diminution des cotisations sociales et par la baisse de leur pouvoir d’achat due à l’augmentation de la TVA.
C’est aussi une menace sur l’existence même de la Sécurité sociale de 1945, conquête de toute la classe ouvrière, arrachée par sa mobilisation.
Car si on remplace les cotisations sociales qui permettent en principe à la Sécu de couvrir tous les aléas de la vie (maladie, chômage, accident du travail…), par un impôt – c’est-à-dire par une ligne dans le budget de l’État soumise aux décisions gouvernementales – c’est tout l’édifice fondé sur la solidarité ouvrière qui est menacé.
Non au projet de « TVA sociale » du Gouvernement Macron/Bayrou !
Retour à la sécurité sociale exclusivement financée par le salaire socialisé !
L’USN CGT TEFP appelle l’ensemble des collègues à participer aux actions en soutien de la sécurité sociale et notamment à l’occasion de son 80ème anniversaire.
[1] En application des décisions du sommet de l’OTAN des 24 et 25 juin derniers, le budget militaire devrait ainsi passer de 60 à 150 milliards d’euros d’ici à 2035 !