Un projet de budget de guerre contre les jeunes et les travailleur·euses Toutes et tous mobilisé.es jusqu’au 5 novembre prochain !

Tract CGT – FSU – SUD

Le mouvement massif des lycéen·nes et des étudiant.e.s met en lumière les choix catastrophiques mis en œuvre année après année par les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron. Ce budget devant être le dernier de ce Président qui a fait la preuve du mépris et du dédain que lui inspirent les classes populaires, les jeunes et les travailleur·euses du public et du privé, c’est un festival de mesures régressives qui est annoncé. Le projet de budget 2027 montre une poursuite de la politique de cadeaux fiscaux aux entreprises et aux plus riches et, comme d’habitude, la facture de cette politique est présentée au restant de la population qui, elle, devra « fournir des efforts ».

Une attaque générale contre les services publics

Ainsi, tous les services publics sont visés : des postes d’enseignant·es sont supprimés à hauteur de 1588 postes de titulaires, les collectivités territoriales responsables du bâti scolaire voient leurs dotations réduites. Dans ces conditions, la situation dénoncée par les lycéen·nes et les étudiant·es en mouvement ne peut pas être améliorée car il faudrait au moins 10 milliards d’euros pour répondre à leurs revendications urgentes.

En ce qui concerne la santé, les déremboursements annoncés vont encore paupériser les malades déjà socialement fragilisés. L’hôpital public, les services d’urgence et mêmes les pompiers ne voient plus comment assumer la charge de travail sans moyens supplémentaires. Sébastien Lecornu annonce qu’il n’y en aura pas : il faut faire des économies pour continuer à exonérer les entreprises des cotisations sociales (80 milliards d’€ par an) et à préserver les niches fiscales dédiées aux entreprises (7,4 milliards pour le Crédit d’Impôts Recherche, 5,5 milliards d’exonérations d’impôts sur les successions d’entreprises). Au total, une mission sénatoriale a estimé le coût des aides aux entreprises à 211 milliards d’euros par an, soit 6600 euros par seconde, le tout sans conditions, sans contrepartie, sans contrôle et sans effet documenté sur l’emploi ou sur les conditions de travail !

Le projet de budget 2027 n’entend pas revenir sur cette manne pour les entreprises. Pourtant nombre d’entre elles n’ont pas besoin d’aides pour vivre puisqu’elles sont largement bénéficiaires et reversent tous les ans des milliards de dividendes à leurs actionnaires, dividendes dont Macron a réduit l’imposition en arrivant à l’Elysée.

Notre ministère est une nouvelle fois sacrifié

Au contraire, Sébastien Lecornu propose de réduire les prestations sociales des plus démuni·es et le budget du ministère du travail de 2,5 milliards d’euros malgré un plafond d’emploi en hausse, en 2027, de 20 emplois par rapport à 2026, mais ciblé uniquement sur des postes au service régional de contrôle de la formation professionnelle. Très clairement, cela veut dire que dans tous les services, des postes vont demeurer vacants, les départs ne seront pas remplacés, les intérims se poursuivront. La mission dite « 155 » correspondant au fonctionnement des ministères sociaux sera en hausse de 2,13 % mais avec, par exemple, une baisse de 1,19 % pour la masse salariale globale des agent·es des pôles travail, donc en réalité avec de nombreuses suppressions de postes compte tenu de la  hausse de rémunération automatique via les avancements d’échelon (source : PAP 2027 – Travail emploi et administration des ministères sociaux.pdf – page 18 ligne 22).

Dans le même temps, la mission dite « 354 » qui correspond aux crédits de fonctionnement de l’administration territoriale de l’État sera stable en montant. Ce qui veut dire qu’elle va baisser « au réel » en proportion de l’inflation. C’est cette mission qui porte, pour les agent·es en département, les locaux, les véhicules, l’informatique… Dans un contexte de forte inflation, cela veut dire des conditions de travail encore dégradées, des déménagements contraints, des bureaux partagés, une informatique toujours plus défaillante voire des limitations des déplacements… En l’état, le ministère de l’intérieur ne sait pas s’il pourra payer le chauffage cet hiver si la météo est rigoureuse !

L’austérité c’est aussi la précarité qui augmente dans tous les services et les restructurations qui se multiplient dans les services emploi, dans les secrétariats et au service renseignement en droit du travail par exemple. Alors que le gouvernement a confirmé en cette rentrée le gel du point d’indice, les grilles indiciaires des C et des B commencent en dessous du SMIC, c’est inacceptable dans un contexte d’augmentation de l’essence, des prix de l’énergie et des produits alimentaires !

Le bilan de Macron : hausse des inégalités et répression sanglante

Une telle politique menée depuis 10 ans par Emmanuel Macron conduit à augmenter les inégalités en enrichissant les plus riches et en paupérisant les plus fragiles d’entre-nous. Les baisses de budgets dans les ministères sociaux ont des conséquences pour la population qui a recours aux services publics et pour les agent·es qui y travaillent. En outre, aujourd’hui, l’on constate que la seule réponse du gouvernement aux lycéen·nes et étudiant·es est une répression sans aucune restriction comme dit le ministre de l’Intérieur, sans limites peut-on dire quand on dénombre les blessures graves dont les manifestant·es sont victimes. Ce faisant le gouvernement montre son vrai visage en réprimant la jeunesse mobilisée pour préserver les rentes des plus fortunés. Pour contraindre la population et réprimer les mouvements sociaux, le gouvernement recourt massivement aux forces de l’ordre qui de ce fait ne protègent plus la population mais les intérêts financiers d’une minorité. Ce gouvernement montre son autoritarisme et nous conduit à une société policière en renforçant toujours les moyens de la police et des armées, en enfermant toujours plus les victimes d’un système qui broie les classes populaires. Depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, le nombre de détenus dans les prisons est passé de 70 000 à 90 000. Cela ne peut plus durer, un autre budget est possible au service des conditions de vies, de travail ou d’étude du plus grand nombre en faisant supporter les coûts en fonction des possibilités de chacun·e.

La mobilisation générale est nécessaire

Les lycéen·nes et les étudiant·es ne sont manipulé·es par personnes, iels se battent pour leurs conditions d’étude, pour un avenir dans cette société. Nous leur apportons tout notre soutien et en manifestant à leurs côtés, nous signifions que c’est l’ensemble de la société qui est concernée par ce combat et que c’est l’ensemble de la société qui dénonce la dérive autoritaire et policière de la fin de règne macroniste.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux collègues sont aussi entrés en action par la grève, le boycott des intérims et des obligations absurdes imposées par la hiérarchie pour soutenir nos collègues Pierre et Benoît, réprimés par le ministère du travail pour avoir dénoncé la dégradation de notre service public.

Face aux attaques de la macronie et du patronat, contre le service public, notre pouvoir de vivre, et nos conditions de travail, nous appelons l’ensemble des collègues à se joindre à toutes les mobilisations à venir, notamment celles de la jeunesse, mais aussi celles prévues le 17 octobre partout où cela est possible.

Nous appelons les collègues à préparer en assemblée générale dans tous les services, la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie.