Non à la répression antisyndicale au ministère du travail ! Soutien à Pierre et Benoît, menacés de sanction pour leur engagement syndical

En mai 2026, deux inspecteurs du travail étaient convoqués en vue d’une audition pénale libre, à la suite d’un signalement de la direction de la DDETS 38 pour un supposé « harcèlement moral » envers une supérieure hiérarchique, complété par une plainte de cette même cheffe de service.

La convocation de nos collègues est intervenue juste après le scandale du 1er mai. Sébastien Lecornu, 1er ministre, a encouragé les patrons à enfreindre les règles en la matière et est même intervenu dans un dossier en Isère ! Docile, la direction de la DDETS38 avait préalablement tenté de retenir des courriers adressés aux employeurs rappelant que le 1er mai est toujours férié et chômé, alors que ce type de courrier est parfaitement habituel lors de la préparation de contrôles.

Le signalement de la direction de la DDETS 38 correspond à une procédure bâillon : alors qu’elle se savait mise en cause en interne pour des faits de harcèlement managérial et discriminatoire de cette cheffe de service, elle a clairement cherché à faire taire nos collègues et, par ricochets, à réduire au silence un collectif de travail d’agent.es ayant signalé à de multiples reprises son comportement. Les questions posées lors de leur audition par les services de police ont été aussi édifiantes que le signalement et la plainte ridicules : celles-ci tournaient entièrement autour de leur engagement syndical et de leurs modalités d’expression (jugées trop incisives par la direction) !

Quelques jours après l’audition de nos collègues, le procureur a décidé de classer sans suite le signalement et la plainte de la cheffe de service. Malgré le classement sans suite, le ministre du travail, plutôt que de s’intéresser aux conditions de travail au sein de la DDETS 38, décide d’attaquer nos collègues sur le terrain disciplinaire, sur la base d’un « dossier » entièrement construit autour de leur participation à des actions de résistance syndicales.

Il leur est également reproché de s’opposer, avec de nombreux.ses autres collègues, à l’enrôlement des services de l’inspection du travail à des actions pilotées par la préfecture, cherchant à détourner les missions de l’inspection du travail, comme par exemple une opération « place nette » ciblant le narcotrafic.

Au final, que reproche le Ministre à nos collègues et camarades ? Tout simplement leur engagement sans faille en défense de nos missions de service public, au service des travailleur.ses, et leur opposition ferme à la dégradation des conditions de travail au sein du Ministère, particulièrement avérée, depuis des années, dans le département de l’Isère, très touché par la pénurie d’effectifs.

A cet égard, les constats du récent rapport APTEIS, rendu dans le cadre d’une expertise « risque grave » sur le périmètre ministériel, sont accablants. Ce rapport décrit un système de travail durablement dégradé, rendu pathogène par des choix politiques assumés : suppressions d’emplois, restructurations permanentes, inflation des missions, pilotage par les indicateurs et management de la pénurie lorsqu’il n’est pas toxique. Rien que pour l’inspection du travail, les effectifs ont fondu depuis plus 10 ans, avec 20 % de postes d’agent.es de contrôle en moins. C’est précisément ce que Pierre et Benoît ont inlassablement dénoncé au sein de la DDETS de l’Isère et ce qui les conduit aujourd’hui devant le conseil de discipline.

Alors qu’il faudrait bien plus de moyens pour exercer correctement nos missions, le Ministre n’apporte aucune réponse de fond suite au rapport APTEIS, mais se précipite pour sanctionner nos collègues. Il s’agit d’un choix politique aussi clair que scandaleux : réprimer et bâillonner les syndicalistes qui portent ces revendications, en écho à celles des travailleur.se.s ! A travers eux, la hiérarchie du ministère du travail, aux ordres des préfets depuis 2021, s’attaque aux missions de l’inspection du travail et veut museler les organisations syndicales.

Il.elles ne parviendront ni à faire taire Pierre et Benoît, ni à nous faire taire ! Nos organisations syndicales soutiennent pleinement les actions revendicatives de nos collègues et refusent qu’ils soient sanctionnés ! Nous ne sommes d’ailleurs pas seul.es : plus de 100 personnalités syndicales, associatives, politiques, et universitaires apportent leur soutien à Pierre et Benoît.

Ne laissons pas passer cette attaque honteuse et inacceptable contre des représentants syndicaux ! Pour un ministère du travail au service des travailleur.ses, nous avons besoin d’une inspection du travail forte, indépendante et dotée de moyens et d’effectifs conséquents.

Nos organisations syndicales :

  • -Affirment leur soutien total et leur solidarité envers Pierre et Benoît
  • -Exigent l’abandon immédiat des procédures disciplinaires engagées à leur encontre.
  • -Appelleront à la grève et à un rassemblement de soutien, le jour de la CAP, à Paris, si le Ministre du travail devait maintenir son projet* 

 

Non à la répression antisyndicale au ministère du travail

*Comment s’organiser pour venir ?

Une date a été pré-fixée par l’administration pour la CAP (15 septembre). Si l’administration confirme cette date, un préavis de grève sera déposé pour cette journée et le rassemblement aura lieu devant les locaux de l’administration (site de Duquesne ou TODS).

Le déplacement à Paris est organisé par les équipes syndicales locales. Le coût du transport ne doit pas être un problème ; la solution est collective. Si tu ne sais pas qui contacter, adresse un courriel à l’une de nos organisations.

 Le 23 juillet dernier est parue une tribune en défense de l’inspection du travail et de nos deux collègues de la DDETS de l’Isère, sur le site de Mediapart.

Cette tribune a été signée par une centaine de représentant.es syndicaux, du monde associatif et de la recherche, et de politiques : https://blogs.mediapart.fr/les-invite-es-de-mediapart/blog/230726/qui-veut-la-peau-de-l-inspection-du-travail

Vous pouvez signer cette tribune à titre individuel : https://www.change.org/p/soutien-%C3%A0-pierre-et-beno%C3%AEt-inspecteurs-du-travail

Lucas